Lundi 15 mai 2006 / Jean Vilar
' Quels dispositifs en faveur du spectacle vivant en région LR '


Luc Braemer, directeur du théâtre Jean Vilar, introduit la rencontre professionnelle qu'il accueille au sein de son théâtre.
Bela Czuppon, président d'ARPROS, remercie les institutions présentes de leur venue et donne la parole au modérateur de la rencontre Jacques Olivier Durand.

Jacques Olivier Durand note que de nombreuses turbulences touchent le secteur et notamment les effets de la décentralisation qui obligent à redéfinir les formes d'interventions sur le spectacle vivant.
Il propose dans un premier temps de faire un tour de table pour présenter les différents dispositifs de chacun puis dans un deuxième temps d'en venir aux questions et au débat.

- Le Conseil Général de l'Hérault est représenté par Henri Cartayrade.
Il expose que suite à une étude menée par l'ARSEC, de nouveaux dispositifs et une nouvelle politique sont mis en places pour les 4 ans à venir selon trois grands axes :
- Solidarité avec les territoires (petit Est / grand Ouest). Le maillage du territoire doit permettre de rompre les déséquilibres pour une solidarité territoriale.
Elargissement du réseau de diffusion avec la réalisation du domaine de Bessan.
Conventionnement de 4 lieux de fabrique pour encourager les résidences et par la suite de 10 lieux d'ici à 2010.
- Solidarité avec les publics,
Accessibilité de l'offre culturelle par rapport aux publics empêchés. - Solidarité avec les acteurs culturels,
Possibilité de vivre de leurs métiers, travailler et créer ici, aider à la diffusion à l'extérieur du département.
Conventionnement sur 2 ans de 17 Cies des arts vivants (avec une enveloppe de165000 euros) et aide à la résidence (avec une enveloppe de 80000 euros).

- Le Conseil Général du Gard est représenté par Corinne Dezan.
Le Conseil Général du Gard a la volonté de poursuivre ses partenariats malgré les difficultés dues à la décentralisation.
Ses axes de travail sont l'aide à la création, l'aide à la diffusion et l'aide au fonctionnement. Deux lieux sont aidés sur le département : le Cratère à Alès et le théâtre du Périscope à Nîmes.
Pour pallier le manque de financement dû aux effets de la décentralisation, le Conseil Général du Gard intervient sur des dispositifs occasionnant des conventions tripartites Conseil Général ' Conseil
Régional ' Etat.
Le Conseil Général compte travailler également avec les communautés de communes.
Pour 2007, le schéma départemental d'éducation artistique (musical surtout) constituera le principal chantier.

- Le Conseil Régional est représenté par Patrick Malavieille et Fabrice Manuel.
Patrick Malavieille relève la nécessité de mieux travailler ensemble avec les différentes collectivités. Concernant le Conseil Régional, ' Région en chantier ' mis en place en 2004 a permis des rencontres
et une écoute qui nourrissent la réflexion des élus.
 

En 2005, on a pu assister à une hausse significative du budget de la culture au sein du Conseil
Régional pour consolider notamment lieux et festivals et accroitre l'aide à la création (800000 euros en 2006).
Concernant l'investissement sur les lieux de diffusion, le Conseil Régional travaille en collaboration avec les différents Conseils Généraux du Languedoc Roussillon.
Au sein de l'Association Régional de coordination et de diffusion des arts vivants, toutes ces collectivités sont réunies dans le conseil d'administration.
Patrick Malavieille : ' J'attends beaucoup de l'Association Régional de coordination et de diffusion des arts vivants, c'est important pour créer une dynamique '.
Pour 2006, 26 conventions d'objectifs pluripartites ont été signées touchant l'aide à la création, l'offre de formation professionnelle ou l'éducation artistique dans les lycées.
L'aide aux musiques actuelles, aux arts de la rue et aux arts du cirque ont bénéficié d'une attention particulière due au passif des politiques précédentes.
Pour les années 2007-2008, le Conseil Régional affirme sa volonté d'aider à la création avec des moyens supplémentaires et une attention particulière sera portée aux besoins de formation du secteur.

- L'Association Régional de coordination et de diffusion des arts vivants est représentée par Pascal Champlon
L'Association Régional de coordination et de diffusion des arts vivants est un outil qui accompagne la politique de la région et de l'Etat et qui réunit également les Conseils Généraux mais aussi des représentants des équipes artistiques et des lieux de diffusion.
Son principal projet d'action est d'accompagner la circulation des 'uvres artistiques en et hors région. Ses autres missions sont l'information, la formation (projet de convention avec l'AFDAS) et la diffusion.

- La DRAC est représentée par François Duval

Il préfère parler du sens que des modalités d'une politique culturelle.
Il relève que le travail d'ARPROS est de faire se rencontrer les différents acteurs culturels. Concernant la décentralisation et ce que certains appellent ' le désengagement de l'Etat ', il n'y a pas de règles pour les collectivités territoriales. On est passé d'une politique où les partenaires étaient les villes et l'Etat à de nombreux partenaires.
Sur les politiques des collectivités territoriales, il relève que la politique culturelle doit faire partie du projet politique global et non être à part.
Deux grandes lignes se remarquent au sein des politiques culturelles :
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La DRAC a pour objectif de faire se rencontrer ses deux grandes lignes et de favoriser le rapprochement entre équipes artistiques et lieux de diffusion, à travers notamment l'aide à la résidence
(250000 euros en 2006)
François Duval constate que l'aménagement culturel n'est pas fini dans notre région (lieux de diffusion dans l'Aude ou la Lozère), mais il note aussi depuis 3 ans des évolutions de la part des collectivités territoriales et une volonté de travailler sur les territoires avec les différents partenaires qui s'y trouvent.
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Jacques Olivier Durand propose alors de donner la parole au public pour que le débat débute.
-Le public :

Si l'on ne fait pas partie des Cies conventionnées par la DRAC ou par le département, comment intègre-t-on les réseaux de diffusion ?

Henri Cartayrade rappelle l'implication du Conseil Général de l'Hérault dans des actions de proximité comme l'éducation artistique qui permet de petits cycles de diffusion.
Il souligne aussi la volonté d'intégrer le plus d'acteurs locaux possibles à l'intérieur d'événementiels tels que ' Le Printemps des Comédiens '.

Fabrice Manuel note quant à lui l'impossibilité actuelle de saupoudrage due aux effets de la décentralisation et aux montants des budgets culturels. De plus le conventionnement permet de donner
de vrais moyens aux Cies. Pour le Conseil Régional, 800 000 euros ont été crédité à l'aide à la création cette année (avec un plafond de 40 000 euros par aide). Sur la question de la diffusion, l'initiative en
revient à l'Association Régionale de Coordination et de Diffusion des arts vivants en LR. De plus il explique que le sens de la politique du Conseil Régional est de renforcer les lieux de diffusion pour
permettre plus de programmations et plus d'offres culturelles.

- Le public

Quelle place pour la musique au sein de la politique de conventionnement du Conseil Général de l'Hérault ?
Pourquoi n'a-on aucun retour des comités d'experts lorsque notre projet n'est pas retenu ' Comment aider les petits lieux de fabrique comme le théâtre La Vista, le Kawa théâtre ou La Chapelle à Montpellier ?

Henri Cartayrade souligne que l'ADDM 34 assure cette mission pour les ensembles musicaux même si sa priorité est l'enseignement musical. En ce qui concerne l'aide à la diffusion, il suggère de se rapprocher directement des lieux de diffusion.
Sur les petits lieux de fabrique et de diffusion, il faut qu'ils s'inscrivent à l'intérieur des dispositifs de diffusion, d'enseignement ou de politique de la ville proposés par les municipalités ou les agglomérations.

Fabrice Manuel rappelle au sujet des lieux qu'une municipalité qui accueille le projet de création d'un lieu doit être le chef de file sur le projet et penser au fonctionnement du lieu pour pérenniser son action. Le Conseil Régional conseille les municipalités ou les  agglomérations sur ce sujet-là.

François Duval revient sur la question concernant l'expertise. La principale problématique est le reproche fait aux experts de leur absence (quasi) lors de la tenue des représentations. Il faut selon lui dépasser ces règles du jeu et, à l'affirmation ', ' vous aidez toujours les mêmes ',   on peut retourner la question ' faut-il aider tout le monde ' '.
L'aide à la création ayant cette problématique, les producteurs de spectacles sont rares aujourd'hui (investissement dans la création et préachat de représentations). L'aide à la création ou l'aide à la résidence selon le cas est fondamentale car elle pallie la part du producteur, souvent absente.

Le public :

Quelle est la place pour les publics au sein de ces dispositifs ?

Patrick Malavieille rappelle des actions menées vers des publics particuliers (prison, handicap). L'élargissement du public est une question permanente, mais il ne faut pas rechercher d'effet immédiat (plus de public) et plutôt se baser sur un travail de fond moins visible mais plus important.

Jacques Olivier Durand souligne que les dispositifs sont justement là pour favoriser la rencontre entre une 'uvre et son public et que la question du public relève davantage des lieux de diffusion que des collectivités.

Le public :

Quelle réponse peut-on donner aux problèmes liés à l'emploi et notamment aux intermittents du spectacle ?
Quelle place pour les nouveaux entrants et leur niveau de formation ?

Fabrice Manuel explique que c'est pour cela qu'il y a de plus en plus de concertation entre les collectivités, pour assumer à frais réel les projets culturels sur le plan structurel. De plus, deux études sont en cours. Une concernant l'emploi, menée par Légi-spectacle et une concernant la formation professionnelle continue, menée par Ithaque. Ces études ont été demandées car les institutions sont préoccupées par ces questions de l'emploi et de la formation.

François Duval ajoute que ces études sont là pour donner de la matière de manière prospective.
La rencontre se conclut sur la question de la concertation entre les différentes collectivités : un travail qui commence et devrait porter ses fruits.